Seuls les médecins ou les pharmaciens peuvent délivrer, sauf exceptions prévues par la loi, des médicaments.  Les centres de planning familiaux n’en font pas partie.  Ils ne peuvent donc pas délivrer la pilule contraceptive et/ou la pilule du lendemain.  Les 2 propositions de loi visant à régler le problème – donc à permettre aux centres de planning familial de délivrer la pilule du lendemain en toute légalité – se sont heurtées à un refus.  Pour Maggie De Block: « la distribution de médicaments ne fait pas partie des missions des centres de planning familial ».  

Quelques jours plus tard la Ministre accepte cependant que les planning délivrassent la pilule du lendemain  à la condition expresse que la délivrance se fît sous la responsabilité d’un médecin ou d’une prestataire de soins.  Elle reconnaît que l’accessibilité à la pilule du lendemain est une mesure fondamentale mais elle souligne également que la condition qu’elle impose se justifie car «ce médicament est une bombe hormonale qui affecte le corps et qui peut avoir des effets secondaires importants». C’est un (petit) pas dans la bonne direction. Ce n’est pas suffisant pour la FCPPF (Fédération des Centres Pluraliste de Planning Familial) qui maintient sa revendication: modifier la législation. Et qui ne souscrit pas à ce qu’elle tient pour de l’argutie.

A l’argument de « bombe hormonale » avancée la Ministre fédérale, la FCPPF   oppose un rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) datant de février 2016 et constatant que  « les pilules au lévonorgestrel et à l’ulipristal [du lendemain] sont sûres, ne provoquent pas d’avortement et n’ont pas d’effets nocifs sur la fécondité future. Les effets secondaires, semblables à ceux des autres contraceptifs oraux, sont rares et en général bénins ».   La Fédération rappelle également un recommandation de l’OMS qui dispose que « Toutes les femmes et jeunes filles exposées au risque d’une grossesse non désirée ont le droit d’avoir accès à la contraception d’urgence et ces méthodes doivent être systématiquement intégrées dans les programmes nationaux de planification familiale ».  Un façon de dire que la position de la Ministre est bancale et de mettre le pied dans la porte?

Ce que l’on peut retenir de tout ce tintamarre, c’est que les centres de planning familial peuvent délivrer la pilule du lendemain… alors que la loi ne les y autorise pas… il suffit juste que cette délivrance soit supervisée par un médecin ou un prestataire de soins… comme cela se passe déjà en pratique…

« Beaucoup de bruit pour rien!  » Serait-on tenté de conclure.  Ce serait vrai si l’enjeu n’était pas de garantir l’accès à un lieu d’accueil où chacun peut trouver une aide en matière de vie sexuelle et affective et qui délivre notamment, en toute confidentialité, des pilules du lendemain aux jeunes filles qui en expriment le besoin. 

 

Sources : Pilule du lendemain: un usage répété n’entraîne aucun risque pour la santé – La LibreLa pilule du lendemain désormais disponible dans les centres de planning familialLes plannings familiaux ne pourront plus délivrer la pilule du lendemain: le PS et Ecolo déplorent – RTBF 

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